Essais et dossiers - Essai

Avant de profiter pleinement du plaisir de conduire un quad, il est nécessaire de bien comprendre les éléments importants d’une conduite sécuritaire, avant que le plaisir ne puisse commencer. C’est d’autant plus vrai lorsque vous conduisez dans la neige. Le fait d’avoir déjà conduit d’autres types de véhicules ne vous rend pas nécessairement apte à conduire correctement un VTT. Gardez en tête que la conduite d’un quad est particulière. Par contre, les motoneigistes trouveront des similitudes dans la conduite des deux véhicules. Les débutants devraient tout de même faire appel aux connaissances d’un conducteur expérimenté pour acquérir un minimum de connaissances et voir à progresser graduellement.

Les surfaces enneigées peuvent être d’excellents endroits pour apprendre, en autant que la zone choisie soit restreinte et qu’on le fasse seulement sous supervision. Il va de soi qu’on devrait penser aux éléments vestimentaires de base suivants : un casque approuvé selon les normes du D.O.T. (Department of Transport, É.-U.), des gants, lunettes, bottes, pantalon et chandail long, etc, ce qui devrait aller de soi.  Bon! Disons que vous avez les compétences de base nécessaires pour conduire un VTT. Maintenant, d’autres facteurs sont à considérer avant de vous aventurer pour une journée de plaisir dans la neige...

Affronter le froid
Il est nécessaire d’avoir chaud, mais pas trop: la transpiration peut devenir votre pire ennemi dans le froid. Ce sont les couches de vêtements qui vous protégeront le mieux. C’est la meilleure façon de gérer l’humidité produite par votre corps. Vous pourrez, en fonction des conditions, enlever une couche ou deux ou en remettre une. La première couche, celle qui touche à votre peau, devrait être un mélange de coton et de polyester (minimum 75 % polyester) ou encore de la laine, vêtements qui gardent leurs qualités isolantes, même lorsqu’ils sont mouillés.  La seconde couche devrait être de coton pour absorber l’humidité produite par la première couche. Les couches additionnelles peuvent être de n’importe quel tissu selon les conditions de température prévues lors de votre randonnée. Il est important que la dernière couche soit un vêtement imperméable, afin de vous garder au sec et de vous protéger du vent.

Sur quelle surface roulez-vous?
Pendant la conduite, la surface neigeuse peut toujours vous réserver des surprises. Les ombres sur la neige vous donneront des indications sur la forme du terrain à affronter. La nature même de la neige et ce qu’elle recouvre changent constamment, ce qui affectera de façon importante le comportement de votre véhicule et ce, sans avertissement. C’est pourquoi la conduite en hiver devrait, en général, s’effectuer à des vitesses moindres. Une autre raison encore plus évidente est la plus grande distance de freinage nécessaire: si vous avez à appliquer les freins de façon subite, il sera plus difficile d’éviter une collision sur cette surface que sur une surface sèche par temps chaud. N’est-ce pas?

Même si vous avez l’impression de conduire sur une surface de neige qui offre toujours le même aspect, rappelez-vous que ce n’est pas le cas; vous pouvez avoir des surprises! Vous pouvez rencontrer différents types de neige à n’importe quel moment. La glace caractérise nos hivers froids : il est toujours possible de tomber sur des plaques de glace cachées sous une couche de neige fraîche. Une neige fraîchement tombée peut s’accumuler d’un seul côté de la piste. Ces petits bancs de neige, lorsque vous les frappez avec une seule roue, peuvent provoquer un tête-à-queue en un rien de temps si, au même moment, vos autres roues n’ont plus de traction.

La fonte des neiges, au printemps, demande encore plus de prudence. En quelques endroits, de petits ruisseaux ou des terrains marécageux peuvent faire fondre la neige rapidement sous la surface et créer des poches d’air, souvent seulement quelques pouces sous la surface. On les appelle des souricières à cause de la vitesse à laquelle votre roue avant s’y enlisera, vous faisant faire un vol plané au-dessus du guidon. Si vous faites partie des braves qui conduisent un quad sport léger à deux roues motrices dans la neige, ne vous demandez pas si vous vous ferez prendre, mais bien quand! Rien ne vous empêchera de tomber dans ces pièges, sauf la chance ou une vitesse plus lente. De plus, méfiez-vous des rivières et des lacs gelés, à moins que vous ne soyez absolument certain de la solidité de la glace.

Une conduite adaptée
Rappelez-vous que les risques d’accidents sont plus grands en hiver. Soyez bien préparé et conduisez tout en souplesse. Avec un passager, les effets physiques d’un poids supplémentaire rendent chaque aspect de la conduite beaucoup plus sensible. Ce poids additionnel vous procurera plus de traction, bien sûr, mais celle-ci dépend aussi de la qualité de vos pneus. Cependant, le véhicule aura tendance à être déporté dans les virages, ce qui pourrait entraîner un tonneau. Vous devriez garder une vitesse constante et minimale en évitant des poussées inutiles sur l’accélérateur.

Plusieurs quads utilitaires sont équipés du système de freinage par le moteur; il est important de bien connaître la réaction de votre machine lorsque vous lâchez soudainement l’accélérateur, ce qui pourrait contribuer à barrer vos roues. Une bonne traction, que ce soit pour freiner ou effectuer des virages, n’est assurée que si vos roues continuent à tourner. Aussitôt qu’elles barrent, la traction est perdue. Gardez toujours en tête que si vous avez à freiner d’urgence, la chose la plus importante est d’éviter l’obstacle. D’appliquer les freins avant sera certainement votre première réaction, ce qui va de soi, du moment que vous sachiez que de relâcher le levier sera le geste qui vous sauvera, en vous redonnant le contrôle du véhicule. Des séquences rapides de freinage et de relâchement des freins devraient vous rendre le contrôle de l’efficacité du freinage et de la direction.

Le conducteur d’hiver aguerri manipule les contrôles en douceur, sachant appliquer les freins sans bloquer les roues malgré une traction moindre, en actionnant les leviers avec précision. Calme et en possession de ses moyens, sans l’effet de l’alcool ou de drogues qui ralentiraient ses réflexes, le conducteur d’hiver responsable saura respecter le paysage dans lequel il roule et s’attendre à l’imprévu. Une bonne visibilité peut être difficile en hiver. La poudrerie, l’effet miroitant du soleil sur la neige, et surtout la buée dans les lentilles peut causer des problèmes en hiver. Assurez-vous de bien protéger vos yeux et si vous portez des lunettes, l’important est qu’elles soient bien ventilées. Il y a même certains modèles qui sont pourvues de ventilateurs. Ou encore, trouvez des lunettes sans buée (des traitements antibuée sont aussi offerts sur le marché).

Il n’est pas recommandé que deux personnes s’aventurent seules sur un quad et encore moins l’hiver. Allez-y entre amis. Ainsi, vous n’oublierez rien et vous pourrez répartir certains articles nécessaires qui seront faciles à ranger sur tous les porte-bagages. Si vous choisissez de voyager sur un seul quad, limitez-vous à une randonnée dans les environs, gardez des vitesses réduites et appréciez le paysage.

Ce que vous emportez peut vous sauver
Préparez-vous au pire. Emportez les bons outils et tout ce qui peut vous être utile. La plupart des quads sont munis de porte-bagages et l’hiver est le temps d’en profiter. Pourquoi ne pas charger ces porte-bagages de choses pratiques? Le poids additionnel vous procurera plus de traction. Voici une liste des effets à emporter : une trousse de premiers soins, une réserve d’essence, du ruban pour marquer le sentier et du ruban adhésif, un compresseur à air, une trousse pour réparer les pneus, 50 pieds de corde, un ensemble de douilles 3/8 pouces, un tournevis à usages multiples, des attaches, une poulie à treuil (cette poulie tout usage peut doubler la force de traction du treuil ou permettre de changer la direction de tirée du câble sans l’endommager), un câble d’alimentation de rechange du GPS et des batteries, une bougie de rechange, de l’huile et des câbles. Bravo! Encore de la place sur le porte-bagages? Une trousse allume-feu, des éclats de bois d’érable, du bois d’allumage, des couvertures, des vêtements de rechange dans un sac imperméable, une hachette, des cordes « bungee », du papier hygiénique, une lampe de poche, de la laine d’acier, une batterie de 9 volts, des barres énergétiques et, bien sûr, de la nourriture et de l’eau.

Nos épreuves et nos tribulations dans la neige
L’hiver dernier, nous avons testé le comportement dans la neige d’un Sportsman 850 XP de Polaris, d’un Renegade 800R de Can-Am, d’un DS 450 MX de Can-Am (avec pneus de série), d’un KFX 450R de Kawasaki (avec pneus cloutés Maxxis 4-snow de Kenda Knarly), d’un Ranger RZR-S de Polaris et d’un deux-places Sportsman 800. Nous avons même passé quelques heures sur un Kingquad 750 équipé d’un système de traçage Commander de Kimpex. Nous avons passé plusieurs jours de suite dans des conditions ensoleillées et magnifiques à bord de différents véhicules pour savoir lequel était le mieux adapté à l’hiver. 

Si l’on peut confirmer une chose, c’est que n’importe quel VTT est amusant à conduire l’hiver. Même un quad sport équipé de pneus de série fait le travail si on l’utilise au bon endroit et surtout au bon moment. Bien sûr, si vous avez trois pieds de neige fraîche, vous n’irez pas loin avec un deux roues motrices. Vous devrez d’abord laisser aux gros quads le soin de damer la piste pour vous, afin de pouvoir vous en servir quelques jours plus tard. En fait, nous avons vraiment apprécié le DS 450 de Can-Am! Ces quads sport ne sortiront pas du sentier et ne menaceront pas inutilement l’environnement. Même si ce quad sort du sentier, on peut toujours le lever et le remettre dans le sentier. Rappelez-vous que le quad sport n’est pas le meilleur choix pour entreprendre de longs voyages ou affronter des sentiers inconnus. Le troisième jour, malgré trois pieds de neige, nous nous en sommes bien sortis grâce aux outils que nous avions pris la peine d’apporter... .

Nous avons confirmé un autre fait: avec des machines aussi performantes que le Renegade 800R de Can-Am et le Sportsman 850XP de Polaris, on peut rapidement faire renier un droit de passage difficilement acquis par un ensemble d’adeptes du VTT, si les conducteurs ne savent pas se limiter aux sentiers! On ne vous encourage certainement pas à faire ce que nous avons fait (sortir du sentier), mais nos gestes visaient à vous prévenir sur ce qu’il faut éviter. De toute façon, nous avons tout fait pour minimiser les dommages en nous limitant à une petite portion du sentier dans un endroit bien spécifique. Le RZR-S a été encore plus cruel avec ce paysage immaculé et vierge recouvert d’une neige fraîche montant jusqu’aux genoux. Les chenilles du Commander, sans surprise, ont tout écrasé sur leur passage tandis que le King a été passablement ralenti dans tant de neige, ce qui influençait passablement sa maniabilité en le rendant difficile à diriger. Si vous avez à pousser ou à tirer une charge, les chenilles sont excellentes, mais ne seraient pas notre premier choix pour la conduite d’hiver normale en sentier. Bien sûr, il nous est arrivé à quelques reprises de nous enliser avec les 4x4 aussi, mais nous cherchions vraiment les problèmes en nous arrêtant et en repartant constamment. Nous nous sommes aussi adonnés à l’exercice suivant : nous avons appuyé sur les gaz des deux quads puissants, ce qui a eu pour effet de transformer le paysage en scène de blizzard et de faire caler les quads jusqu’au sol dans ces trois pieds d’épaisseur de neige à une vitesse approximative de 15 km/h. En passant, il ne nous est jamais arrivé de nous enliser à bord des RZR-S.

Alors, en conclusion de ces efforts physiquement épuisants de notre part dans ces conditions extrêmes et exagérées, sachez bien que ce n’était pas nécessairement amusant de faire ainsi, prenez notre parole quand nous disons que les quads 4x4 peuvent conquérir beaucoup plus qu’il n’est nécessaire d’affronter. Si vous ne lancez pas votre quad hors du sentier, où il ne devrait jamais se trouver, vous pouvez choisir n’importe quel type de quad et vous plaire à l’utiliser en hiver. Bon, faites-nous maintenant une faveur et demeurez sur les sentiers!

Notre promenade favorite dans la neige
Quand le concessionnaire "Generation Sport" au Québec nous a offert d’installer des pneus d’hiver Maxxis 4-snow sur un quad KFX 450R Monster Energy Edition que les gens de Canadian Kawasaki Motors Inc nous avaient prêtés pour nous amuser, nous étions excités comme des ados à bord de leur première voiture. Le KFX®450R Monster Energy Edition de Kawasaki est un VTT de haute performance à l’allure très cool, grâce à son style tout en noir avec une petite touche de couleur verte. Comme on peut s’y attendre d’un véhicule venant de Kawasaki, ce quad n’a pas seulement fière allure, mais il roule et se manie très bien. Le dicton « Laissez les bons temps rouler », s’applique parfaitement à ce véhicule. C’est là le véritable sens du plaisir que nous avons tiré à jouer avec ce véhicule dans la neige.

Le fabricant de ce véhicule le décrit comme étant  « prêt à la course ». Il lui faudrait cependant être équipé de barres à filets protège-pieds pour mériter cette appellation, mais en tout autres égards, il est pleinement équipé pour être compétitif en course de niveau professionnel. Mû par un moteur de 449 cm3, refroidi au liquide, à deux arbres à cames en tête, développé à partir du moteur de motocross KX 450F, ce VTT de course est un quad de course doté d’une puissance et d’une présence agressive. Sur un fond de poudre blanche lancée en l’air par les pneus arrière mordants, il se profilait comme un jouet amusant. Ce véhicule de technologie avancée revêt une beauté sérieuse lorsqu’on voit le conducteur professionnel Chad Wienen aux commandes de son KFK. Le châssis en aluminium de haute technologie présente un centre de gravité qui est bas et donc une bonne résistance aux tonneaux. Ce châssis est clairement conçu pour la course et offre le potentiel de viser la suprématie dans le monde du VTT. La troisième position tenue par Wienen au 2009 AMA Pro ATV MX Championship, malgré une blessure à l’épaule subie en mi-saison qui aurait complètement éliminé la plupart des conducteurs de ces séries, est certainement une preuve du potentiel de ce quad pour la distinction.

Ce monocylindre à quatre temps et à quatre soupapes procure une grande puissance d’une façon très douce. Les changements de température ou d’altitude sont automatiquement compensés par un système d’injection d’essence numérique (DFI : Digital Fuel Injection) de 32 bits, efficace et hautement sensible. Il faisait très froid quand nous avons monté ce monstre de Kawasaki durant plusieurs heures sans destination prévue. Ce véhicule n’a jamais flanché au départ et a toujours ronronné doucement jusqu’à ce qu’on le sollicite. Ce quad semblait plus petit que tous ceux utilisés auparavant. La position plus basse du guidon et l’espace insuffisant pour mes longues jambes semblaient créer cette illusion.

Conduire ce quad bien équilibré dans la neige était un vrai délice! Sur le lac, à côté d’une piste de course autour de laquelle étaient garées des voitures, nous n’avons jamais craint d’avoir à prendre un bain. Grâce aux pneus spécifiquement préparés pour l’hiver, malgré un bon pied de neige, c’était une partie de plaisir! Nous avions remplacé les pneus Maxxis par un ensemble de Kenda Knarly munis de crampons fournis par Duroy Racing de St-Constant, au Québec. Il semble que leur performance était très similaire aux Maxxis sur la neige compactée mais étaient moins efficaces dans la neige plus profonde. Ils se comportaient de façon excellente sur la neige finement compactée ou la glace. De toute façon, c’était un véritable plaisir de conduire ce quad dans la neige, et sur le sentier, où il devrait toujours rester. N’oubliez pas d’installer des rétroviseurs et un indicateur de vitesse si vous voulez être en règle sur les sentiers fédérés.

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